Inhumation ou crémation, quelles différences ?

Inhumation ou crémation, quelles différences ? Ici un cimetière avec des tombes, on y trouve aussi des jardins du souvenir.
Photo MabelAmber

Inhumation ou crémation ? Il peut s’agir d’une démarche personnelle et réfléchie avec une souscription de convention d’obsèques qui réglera pour les héritiers le problème du choix. Il est également possible d’informer ses proches avant ou de souscrire au service « Mes volontés » qui permet d’exprimer en toute sécurité ses souhaits concernant ces démarches sensibles.

Mais lorsque la famille n’est pas préparée à ce choix, il faut se prononcer pour une solution appropriée, d’un point de vue familial, financier et émotionnel.

Voici la liste des différences entre l’inhumation et la crémation afin de bien intégrer ces deux pratiques funéraires dans leur aspect technique, psychologique et culturel.

Inhumation, crémation, définition !

Attardons nous pour commencer sur les définitions de bases de ces deux pratiques funéraires.

L’inhumation désigne en premier lieu l’acte de déposer le corps d’un défunt en terre.

Cette pratique s’exécutera par le biais d’une société de pompes funèbres et l’organisation de funérailles avec ou sans cérémonie. En France, la loi interdit de déposer un corps directement en terre, la mise en cercueil est obligatoire.

Le mot crémation est issu du verbe transitif « crémer » , lui même signifiant l’action de « se consumer ». Une crémation consiste à réduire un corps en cendres. On parle de crémation lorsque l’on évoque une pratique funéraire. L’acte de réduire en cendres est plus communément évoqué par le terme d’incinération. Le verbe « crématiser » n’existe pas dans la langue française, il est employé souvent comme néologisme.

Inhumation = mise en terre , crémation = réduction en cendres.

ATTENTION !

Une fois les obsèques et la crémation terminées, la famille choisira la destination de l’urne. Il est aussi possible d’inhumer une urne contenant des cendres. Plusieurs alternatives sont proposées : la dispersion (dans un lieu adapté ou au sein du cimetière, dans la partie réservée à cet effet appelée « Jardin du souvenir »), la disposition de l’urne dans un columbarium, la fixation de l’urne sur un monument funéraire ou l’inhumation de l’urne à l’intérieur du caveau.

Les aspects psychologiques et émotionnels des pratiques funéraires

On pourrait croire que, d’un point de vue émotionnel, une crémation se déroulera dans des conditions similaires à une inhumation. Il faut bien différencier les deux. Certains aspects peuvent remuer la sensibilité de chacun.

Pour la crémation, on notera l’absence de sépulture ou de lieu de recueillement « concret » lorsque les dernières volontés ou la famille exigent une dispersion de cendres,Il faut se pencher aussi sur l’acte avec tous les aspects techniques qu’il requiert (vision de l’appareil à crémation, mise en flammes …).

Lors d’une inhumation en terre, au terme de la cérémonie funéraire et des hommages, les familles, proches et amis accompagnent le défunt au cimetière. Ils le suivent dans son cercueil, lequel sera descendu dans un caveau, le caveau refermé et les fleurs déposées au dessus. Son nom sera gravé accompagné des dates de naissance et de décès. Il est aussi possible de faire figurer une épitaphe sur le monument. Ce sera un lieu de recueillement pour chacun qui désirerait revenir lui rendre hommage. Un lieu comme un repère. Il est mort, il repose ici. On est face à un endroit localisé, une géographie de la mort.

Dans le cas d’une crémation, la cérémonie funéraire se déroule sensiblement de la même manière jusqu’à ce que les personnes présentes se rendent compte d’une réalité technique qui peut devenir perturbante pour certains : la vision du cercueil qui entre dans l’appareil destiné à la crémation. De nombreux crématoriums proposent aux personnes présentes la retransmission sur écran de cette procédure, même si elle ne dure que quelques secondes. Cet article de notre blog détaille les différentes étapes d’une crémation.

Après la cérémonie, que se passe-t-il ?

Les hommages rendus, la famille se dirige vers le cimetière s’il est question d’inhumation, ou vers le crématorium si le choix s’est porté sur une crémation. Certaines cérémonies pré-crémation se font directement au sein du crématorium qui dispose de salles d’hommages en fonction des croyances et convictions de chaque famille.

Dans le cas d’une crémation, les cendres sont restituées à la famille en vue d’une dispersion dans le jardin du souvenir ou dans un lieu autorisé. Pour plus de détails, vous pouvez consulter cette publication sur le devenir des cendres. Les cendres peuvent aussi être récupérées par une société de pompes funèbres pour une inhumation dans un caveau de famille ou une case de columbarium.

Les familles qui ont opté pour la dispersion dans un lieu autorisé ou au jardin du souvenir se retrouvent avec des cendres de leur proche qu’elles se préparent à éparpiller sur une pelouse où d’autres cendres d’autres défunts ont déjà été dispersées (les traces de cendres sont très souvent visibles sur les pelouses des jardins du souvenir). Le choc émotionnel est parfois inévitable. On passe d’un corps souvent conservé en chambre funéraire un peu avant la fermeture du cercueil, à des obsèques, puis à une urne contenant des cendres.

L’aspect le plus sensible

Mais l’aspect le plus sensible réside dans l’absence de lieu de recueillement. En cas de conflit familial par exemple, une veuve peut très bien avoir dispersé ou fait inhumer les cendres de son époux sans avoir indiqué à sa belle famille le lieu de dispersion ou d’inhumation. Il en ressort des familles usées par un deuil compliqué, qui n’arrivent pas à se ressaisir car aucun recueillement n’est possible.

Psychologiquement, affronter une crémation n’est donc pas un acte anodin. Que la décision relève du défunt ou de la famille, il faut envisager de s’entourer de personnes compétentes pour préparer et traverser cette épreuve d’une façon sereine.

Dans le cas d’une inhumation, à l’issue de la cérémonie, le cercueil est transporté au cimetière puis déposé dans le caveau qui sera scellé. S’il n’existe pas déjà, un monument funéraire sera posé ultérieurement selon les dispositions de la famille.

Si le cimetière n’a pas octroyé de concession en caveau, il s’agira d’une concession dite « en pleine terre ». Le cercueil n’est pas déposé dans une fosse maçonnée mais à même la terre. Certaines municipalités imposent l’inhumation en caveau pour plusieurs raisons liées à la nature meuble du terrain sur lequel est implanté le cimetière.

D’autre valident la possibilité d’une inhumation en pleine terre mais à la condition qu’une semelle de béton soit posée. Le prix de la concession sera le même pour une pleine terre ou pour une concession avec fabrication de caveau. Il faut bien différencier le prix de la concession (qui est le prix facturé à la famille pour « occuper » le terrain durant x années ou de façon perpétuelle) du prix de la fabrication du caveau.

Inhumation, crémation : quels seront les coûts ?

Mourir n’est pas gratuit. Inhumation ou crémation engageront une dépense souvent conséquente qui se justifie par une liste de prestations.

Pour l’inhumation on notera :

Certaines prestations seront obligatoires, d’autres facultatives (c’est le cas par exemple du monument funéraire, les familles n’ont pas d’obligation en matière de pose immédiate, elles peuvent faire appel à un professionnel plusieurs années après l’inhumation ou même laisser le lieu d’inhumation sans monument funéraire).

Les prestations des organisateurs d’obsèques peuvent se répartir de la façon suivante :

  • Le cercueil et ses accessoires.
  • Le transfert du corps du lieu de décès vers une chambre mortuaire ou funéraire, le séjour du corps dans ce même lieu en attendant le jour de l’inhumation.
  • La prestation du thanatopracteur pour les soins de conservation.
  • Le convoi (les porteurs, le chauffeur, le maître de cérémonie, le véhicule, la logistique)
  • Les taxes diverses liées au décès ainsi que les formalités administratives de la commune.

Toutes les sommes correspondantes à ces prestations doivent être précisées sur le bon de commande.

A cette liste il faut rajouter :

  • L’ouverture et la fermeture du caveau existant et le déplacement éventuel du monument funéraire.
  • Pour une nouvelle sépulture , l’achat de la concession : le tarif n’est pas le même pour une concession de 10 ans ou pour une concession à perpétuité.
  • Le creusement de la fosse et les travaux de maçonnerie s’il s’agit d’un caveau.

Il faut compter entre 2500 et 4000 euros pour une inhumation en province et entre 3000 et 8000 euros en région parisienne ( hors frais de concession et monument funéraire ).

Les coûts de la crémation

Pour la crémation, outre le prix de l’organisation de la cérémonie ( fleurs, dons …) , il faudra compter sur des prestations similaires à celles de l’inhumation :

  • Le cercueil et ses accessoires (les cercueils utilisés pour la crémation sont constitués de matériaux spécifiques qui n’ont rien à voir avec ceux utilisés pour être inhumés dans un cimetière).
  • Le transfert du corps du lieu de décès vers une chambre mortuaire ou funéraire, le séjour du corps dans ce même lieu en attendant le jour de la crémation, l’éventuel transfert du corps vers le crématorium.
  • La prestation du thanatopracteur pour les soins de conservation.
  • Le convoi (les porteurs, le chauffeur, le maître de cérémonie, le véhicule, la logistique)
  • Les taxes diverses liées au décès ainsi que les formalités administratives de la commune.

A ces prestations doivent se rajouter les frais de crémation, l’achat de l’urne, les frais de dispersion ou d’inhumation de l’urne. Ou encore les frais de concession de case au sein du columbarium choisi.

Les tarifs d’obsèques avec crémation dépendent là aussi des régions, il faut compter une moyenne de 2000 à 4000 euros pour une crémation en Province et de 2500 à 4500 euros pour une crémation en région parisienne.

Il est essentiel de préciser que le choix doit se faire avant tout dans le respect des dernières volontés du défunt.

En conclusion

Le pourcentage de crémation en France est passé de 10 % en 1994 à 36 % en 2017 (source enquête de la Fédération Française de Crémation). Les chiffres ne devraient qu’augmenter durant les années à venir. D’après un sondage IPSOS datant de 2015, 51 % des Français préfèrent aujourd’hui la crémation à l’inhumation.

Ce choix peut s’expliquer selon plusieurs facteurs. Le principal étant bien-sûr le coût, mais aussi l’éloignement et l’éclatement des familles. Une concession dans un cimetière c’est de l’entretien et des frais pour des familles qui ne résideront pas forcément dans le lieu concerné.

Sophie Farrugia