Après l’affaire Vincent Lambert : ce qui risque de changer

C’était presque devenu un feuilleton. Un triste feuilleton que l’on regardait par épisode plus ou moins intenses. L’actualité internationale ou nationale prenant quelquefois le dessus, « l’affaire Vincent Lambert » -comme les médias se plaisaient à l’évoquer- retombait souvent dans l’oubli pour ressurgir un ou deux mois plus tard. Ce n’était qu’une succession de rebondissements judiciaires et conflits familiaux. Une seule question restait en suspend : qu’adviendrait-il de cet homme au bout du compte ?

Vincent Lambert est mort

Jeudi 11 juillet 2019, Vincent Lambert est mort. Après 9 jours d’arrêt des traitements l’ancien infirmier s’est éteint. Il était maintenu depuis 11 ans dans un état de conscience minimale à la suite d’un accident de moto. La Cour de Cassation a tranché. L’arrêt des soins a commencé le 2 juillet, engagé par le Docteur Vincent Sanchez, chef de service de soins palliatifs et de l’unité des cérébrolésés du CHU de Reims.
Samedi 13 juillet, ses obsèques ont eu lieu dans l’intimité familiale à Longwy en Moselle.

Tous les membres de la famille était présents. Cette même famille qui s’est déchirée durant 11 ans, chacune s’imaginant détenir le savoir absolu sur ce qui était bon ou pas pour le quotidien de cet homme.

Rédiger ses directives anticipées : le libre arbitre

Étrangement, depuis cette « affaire Vincent Lambert », bon nombre de français ont commencé à s’interroger sur l’urgence de rédiger des directives anticipées.
Chers lecteurs, que se passerait-il si un accident venait chambouler votre existence ou celle de l’un de vos proches ? Aucune directive anticipée n’étant rédigée, impossible pour la famille de décider ce qui est
médicalement réalisable en matière de droit à mourir dans la dignité.

Au delà du traumatisme familial occasionné par ce genre d’événement, il y a l’assurance de projeter vos proches dans une situation extrêmement délicate. On ne parle même plus d’une bataille autour d’un bien
ou d’un testament. Nous l’avons vu dans le cadre de l’affaire Vincent Lambert. Ses directives anticipées n’ayant pas été formulées d’une manière légale et écrite, la bataille a fait rage. Une bataille engagée entre ses parents et son épouse mais aussi toute la fratrie, les oncles, tantes et neveux.

Derrière chaque clan, une famille complètement éclatée. Là où l’on pouvait imaginer que cette décision n’appartiendrait qu’à sa veuve, d’autres acteurs sont venus se greffer au milieu du chaos.
Un chaos de près de 11 ans qui aurait certainement pu être évité par un simple écrit officialisé.

L’affaire Vincent Lambert n’est toujours pas terminée

On aurait pu penser qu’avec la mort de Vincent Lambert, cette affaire serait définitivement terminée. Il n’en est rien.
Une autopsie a été ordonnée par Mathieu Bourrette, Procureur de la République de Reims afin de déterminer les circonstances du décès et d’ « éviter tout débat sur la qualité des actes pratiqués ».

Mathieu Bourrette souhaite”fournir à tous les membres de la famille les éléments médicaux et judiciaires leur permettant de connaître les causes exactes de la mort” afin que “chacun puisse prendre ensuite ses
dispositions et responsabilités, y compris sur le plan judiciaire”.
Le résultat de l’autopsie ne devrait être connu que dans plusieurs semaines.

Mais le plus important réside surtout dans les changements de comportement que cette affaire risque
d’occasionner dans les mois à venir.

11 années à entendre régulièrement les médias répéter qu’il est nécessaire de formuler ses directives anticipées en matière de fin de vie si l’on veut éviter ce genre de situation.
Il est temps d’en finir avec les tabous de la mort. Évoquer un risque, une situation de fin de vie, désigner une personne de confiance, légitimer son souhait, rien de tout cela ne porte malheur.

L’affaire Vincent Lambert va changer les mentalités. Comment rester insensible à ces années de procédure. Cette histoire doit permettre à chacun d’entre nous d’entamer une réflexion sur la fin de vie, puis de la concrétiser. Des actions simples et essentielles pour le bien de tous.

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Sophie Farrugia

Rédactrice Web Freelance

De formation littéraire, Sophie a travaillé durant une quinzaine d’année au sein de l’événementiel et de la télévision. Une reprise d'études en 2010 en licence de psychologie lui donne envie de créer sa structure de rédactrice indépendante pour plusieurs plateformes. Elle est chroniqueuse sur des sites comme AlloLeCiel, Scribium (exSuite 101) ou le blog de Testamento.
Sophie Farrugia