E-interview Testamento Sophie Gidrol

e-interview sophie gidrol

Une nouvelle e-interview sur la succession

Les e-interviews Testamento sur la succession consistent à interroger des personnalités (économiste, journaliste, chef d’entreprise, médecin, sociologue, artiste, sportif de haut niveau). Ceci dans le but de mieux cerner ce que nous entendons à travers ce mot si mal connu : succession ! L’e-interview Testamento Sophie Gidrol est l’occasion d’entendre le point de vue d’une palliatothérapeute.

Sophie Gidrol

Sophie Gidrol est infirmière, spécialisée en soins palliatifs de métier depuis 2000. Elle a exercé en équipe mobile de soins palliatifs à l’Hôpital Européen Georges Pompidou (Paris 15e), puis à l’international (Barcelone) et est maintenant localisée en Haute Savoie. Elle est diplômée en soins palliatifs de la faculté de médecine de Paris VI depuis 2004 et plus récemment de la faculté de Médecine d’ Amiens concernant le deuil. Palliatothérapeute, elle exerce mon métier auprès des familles, des proches durant la fin de vie, la séparation, le décès puis le deuil qu’ils sont amenés à vivre. Son parcours d’accompagnement autour de la mort a été aussi riche que varié, et toujours aussi engagé ! Elle présente son parcours, son métier sur son site internet.

E-interview Testamento Sophie Gidrol

Stéphane Girardot (SG) : Sophie Gidrol vous êtes paliathothérapeute. Pouvez-vous vous présenter?

Sophie Gidrol (SFG) : Bonjour, je suis Sophie Gidrol. Je suis paliathothérapeute. J’accompagne les familles qui perdent un proche. J’ai créé des consultations dématérialisées pour leur faciliter des étapes de vie.

SG: Sophie, en tant qu’experte quel est votre regard sur la succession, tel que vous l’observez dans votre quotidien?

SFG: L’héritage que l’on transmet vraiment est créé durant la fin de vie. Si on arrive à se dire au revoir, à créer du lien à vivre des étapes de fin de vie en authenticité. Les “survivants” ont des graines qui ont été semées durant cette séparation. Ils ont pu se dire au revoir. Ils ont pu vivre cette étape de fin de vie et non l’endurer. L’héritage se transmet avec “une bonne fin de vie” et en pleine conscience.

SG: Sophie, peut-on ou doit-on parler et anticiper sa propre disparition?

SFG: Parler de sa propre disparition est LA clef absolue. C’est pour cela que j’ai créé ces consultations dématérialisées. La parole, et ce qu’on arrive à transmettre, en cassant les tabous car on est dans une société ou à la fin de vie, le décès et le deuil sont compliqués à vivre. Tout ce qui peut se re verbaliser défait l’effet traumatique de ces moments qui sont compliqués à vivre. Plus on arrive à les mettre en mots, plus on arrive à les vivre sereinement et en authenticité.

SG: Sophie, la succession implique la transmission. Selon vous quel héritage transmet-on?

SFG: L’héritage que l’on transmet est énorme. On est dans un moment clef où les jeunes parents se questionnent beaucoup sur l’éducation. On réfléchit à notre impact émotionnel. Au niveau de la fin de vie, on réfléchit à notre impact environnemental et émotionnel. Plus on arrive à libérer la parole et à être acteur dans ses dernières volontés ou ses directives anticipées lors d’une maladie grave évolutive plus on arrive à être acteur et finalement prendre tout en compte pour un mieux vivre de nos “survivants”.

SG: Sophie, je vous remercie.

SFG: Merci à vous Stéphane.


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