Conséquences du recul de l’âge de l’héritage

Conséquences du recul de l'âge de l'héritage

Nous l’avons vu dans un précédant article, l’allongement de l’espérance de vie a entraîné un recul de l’âge de l’héritage. A présent, en France, on hérite à 50 ans. Et cela entraîne des impacts importants que nous analysons ici sur la répartition du patrimoine des français.

Les personnes âgées sont plus nombreuses

Une première conséquence de ce vieillissement, c’est que les plus de 65 ans représentent une part plus importante de la population. En 2019 les plus de 65 ans représentent 20% de la population, à comparer aux 13% de 1975. (INSEE France, Portrait social 2019).

Nous avons même passé un cap symbolique. Pour la première fois, les plus de 60 ans sont plus nombreux que les moins de 20 ans.

(Angélique Giacomini (Philipona), « Le vieillissement de la population : crise ou défi ? », Revue TRANSVERSALES du Centre Georges Chevrier.

Ce poids plus important a entrainé l’essor de toute une série de services. On regroupe souvent sous le terme de Silver Economie ce phénomène. Le Commissariat général à la stratégie et à la prospective estime que le marché de la Silver Economie représente 424 milliards d’euros.  

(Commissariat général à la stratégie et à la prospective La Silver Economie, une opportunité de croissance pour la France)

Plus nombreuses, les personnes âgées détiennent aussi une part plus importante du patrimoine

Indépendamment de l’émergence de cette Silver Economie, le poids plus important des seniors associé à la plus grande précarité (travail, revenus …) subie par les jeunes, font que les personnes âgées contrôlent aujourd’hui une part majoritaire du patrimoine.

Aujourd’hui, plus de la moitié du patrimoine financier est détenue par les seniors. 54% du patrimoine financier est en effet détenu par les seniors. Et l’Institut Montaigne ajoute qu’ils ne représentent que 23% de la population.

Lorsque l’on raisonne sur l’ensemble du patrimoine. D’après la même étude, les seniors disposent de 45 % du patrimoine global du pays.

Une approche prudente des seniors vis-à-vis du risque

Les seniors contrôlent donc une part impressionnante du patrimoine. Or, il a été observé à plusieurs reprises qu’ils étaient moins enclins à prendre du risque avec leurs placements. Citons, par exemple l’étude INSEE de Luc Arrondel, André Masson et Daniel Verger. Les comportements de l’épargnant à l’égard du risque et du temps.  

La conséquence de ce goût pour la sécurité est qu’une partie seulement de ce patrimoine est investie de manière « productive ». C’est-à-dire mise au service des entreprises (via des actions par exemple). En témoigne le poids de l’assurance-vie.

Une part importante investie en assurance-vie

Pour les seniors l’assurance-vie combine deux avantages. D’une part les avantages fiscaux sur la succession. Et d’autre part la possibilité, via les fonds euros, de disposer d’un profil faiblement risqué qui correspond à leurs attentes. En conséquence comme nous l’indique l’Institut Montaigne dans son étude précitée, l’épargne des seniors est largement investie dans des contrats d’assurance vie, qui représentent 47 % de l’épargne des seniors.

Plus de seniors qui possèdent plus de patrimoine : en conséquence une allocation non optimale

Une part importante du patrimoine des français n’est donc pas investie de manière assez dynamique, ou productive. Dans une étude récente, parue en 2019 dans la Revue de l’OFCE, André Masson et Vincent Touzé abordent cette question. Et ils plaident pour une meilleure circulation du patrimoine entre les générations.

Le risque, au niveau national, du recul de l’âge de l’héritage ? Une perte de compétitivité à terme pour la France, par manque d’investissement « productif ». 

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