Modes de sépulture à travers le temps et dans le monde

Modes de sépulture à travers le temps et dans le monde

Modes de sépulture à travers le temps et dans le monde

De tout temps, l’homme a toujours célébré d’une quelconque manière ses proches disparus. Que l’on parte de la préhistoire il y a 100 000 ans, jusqu’à aujourd’hui avec les urnes pour une crémation, l’importance de la place du corps n’a pas changé. Qu’il soit magnifié ou minimisé en fonction des cultures et des religions, on ne peut pas ne pas célébrer un corps. Petit retour sur ce qu’est réellement une sépulture et son évolution au fil du temps.

1212

Mode de sépulture : qu’est-ce qu’une sépulture ?

Techniquement, une sépulture est l’action de mettre un mort en terre. Concrètement, cela s’appelle en réalité un rite, c’est à dire un ensemble de règles et de cérémonies pour célébrer un événement. Dans ce sens, le rite est associé à une culture au sein d’une communauté ou d’une société toute entière, et bien souvent à une religion.
Il peut alors être très cérémonial comme une cérémonie religieuse pour par exemple célébrer un mariage ou un baptême : toute une suite de pratiques qui doivent être effectuées pour valider le rite.

La sépulture et la religion catholique

Sépulture

Sépulture

Pour une inhumation, c’est-à-dire un enterrement dans le langage plus commun, c’est la même chose ; l’événement en est la cérémonie régie par un ensemble de règles, de rites en somme, et la sépulture en est la pratique, c’est-à-dire un rite précis pour symboliser, effectuer en conformité l’événement. Selon si elle est religieuse ou non, la sépulture peut alors exiger un lieu saint et être dans ce sens refusée comme c’est le cas dans la religion catholique, lorsque le défunt s’est par exemple suicidé ou qu’il souhaite être crémé : il s’agit là d’un acte qui va à l’encontre de la conception religieuse où notre corps nous est donné par Dieu que ce n’est pas à nous de décider de sa fin. Quant à la crémation, elle était vu par l’église comme un signe d’opposition à la foi chrétienne (par le fait de brûler par le feu, de ne pas rendre son corps à Dieu, et le feu étant le symbole des Enfers). Aujourd’hui l’église est plus flexible sur la question et autorise la crémation.

L’importance de la sépulture

Selon les anthropologues, les rites funéraires sont un des fondements du passage à la civilisation. Des pratiques funéraires qui se retrouvent à travers les âges dans toutes les cultures.

Pour parler de sépulture il faut alors observer plusieurs preuves qui sont :

  • la position du corps au moment de la sépulture : à l’époque de l’homme préhistorique il s’agissait d’une position repliée et évoquant le sommeil ;
  • des ornements décoratifs : un collier et d’autres bijoux ou objets sur ou à côté du défunt ;
  • le recouvrement par des pierres ou de la terre, jusqu’à un cercueil, une mise en bière en somme.

Les modes de sépultures varient ensuite en fonction de la culture, en effet en Europe occidentale il est de pratique d’enterrer ses morts avec une mise en bière : mise du corps dans un cercueil avant de l’enterrer sous la terre. Mais ce n’est pas forcément le même mode partout ; si on pense aux anciennes civilisations outre atlantique, même si les pratiques se ressemblent fondamentalement, et nous ne pourrons pas ici faire l’apologie de toutes les pratiques ayant existé dans le monde, on retrouve une similitude : celle de faire enterrer ou en tout cas de donner un autre état au corps auparavant vivant et aujourd’hui sans vie.

L’importance d’une sépulture a donc toujours été présente, qu’importe la civilisation. Pensons à l’exemple de la tragédie Antigone de la mythologie grecque ; Antigone qui, après que ses parents le roi Œdipe (inspirateur direct du fameux complexe d’œdipe, poursuivi par un destin tragique qui le fit tuer son père et épouser l’épouse de ce dernier qui était en réalité sa mère, tout cela sans le savoir) et la reine Jocaste, disparurent du royaume, vit ses frères Etéocle et Polynice s’entre-tuer pour le pouvoir avant de mourir après que Polynice ait lancé une armée contre son frère. Tous deux moururent dans la bataille et le pouvoir fut donné à Créon, leur oncle. Créon décida alors de faire des funérailles pour Etéocle mais interdit quiconque d’enterrer Polynice, punit pour avoir combattu son propre frère et le royaume tout entier par son égoïsme. Le corps devant rester sans aucune sépulture et laissé à la vue de tous. Une terrible punition qu’Antigone ne supporta pas, enterrant malgré tout son frère, et condamné elle-même à une peine de mort.

Un mythe qui rappelle des valeurs sur le pouvoir, l’importance de la vie mais surtout de celles de nos morts. La tragédie d’Antigone met en évidence une punition ultime : celle de ne pas faire de sépulture et de ne pouvoir enterrer un mort sans aucune forme de funérailles.

Évolution des sépulture à travers l’histoire

On observe dans un sens que l’histoire a fait que les modes de sépultures ont évolué à travers le temps, mais aussi à travers les cultures. En effet l’homme préhistorique a commencé il y a 100 000 ans à enterrer ses morts, il y a avait donc déjà une nécessité de faire quelque chose du corps restant de l’être qui vivait à nos côté durant un moment de notre vie. Même si l’homo sapiens n’était pas l’homme évolué qu’il fut ensuite et ne connaissait pas encore tous les processus de deuil que l’on reconnaît chez les individus aujourd’hui, la forme la plus ancienne de sépulture, vérifiée scientifiquement se trouverait à Qafzeh en Israël, et de l’homme de Néandertal également en Israël à Kébara. Cela prouverait donc qu’il y a toujours eu des rites ou presque chez l’homme.

Bien sûr les pratiques varient à travers les siècles mais aussi en fonction des cultures. En général il y a quelques rites liés à la sépulture qui sont assez répandus à travers les peuples :

  • l’embaumement (des soins de thanatopraxie) ;
  • l’inhumation ou la crémation ;
  • l’immersion, c’est à dire répandre les cendres dans la mer ;
  • l’anthropophagie (comme la consommation des cendres du cadavre brûlé ou l’offrande du cadavre à la nature (comme à des vautours chez les peuples de l’Himalaya).

Regardons dans l’Egypte ancienne, il était de coutume de faire tout un processus avec le corps du défunt durant la sépulture :

  • l’embaumement : on enlève les organes (viscères) du défunt pour les placer dans des vases canope afin de les conserver près de son corps par la suite ; on sèche le corps par un salage, avant de le placer dans un bain de résine, pour ensuite le couvrir de plusieurs couches de bandelettes ;
  • la momification : lorsque le corps est enfin prêt au bout de 70 jours, vient le rituel de l’ouverture de la bouche pour permettre au défunt de récupérer ses cinq sens ;
  • mise en place du corps le 71ème jour dans son caveau : un sarcophage constitué d’une couche simple et, pour les membres de la royauté un deuxième sarcophage avec des décorations et ornements, le tout dans une pièce dite le caveau funéraire, au sein même d’une pyramide. Toute une procession est bien sûre effectuée avec des présents de nourriture et de biens mobiliers déposés dans le caveau pour accompagner le défunt dans toute sa traversée funeste vers le royaume d’Osiris.

Toutes ces étapes durent en tout 70 jours, période durant laquelle la famille fait un jeûne et mange maigre (pain, eau et légumes cuits) pour accompagner le défunt.

D’autres modes existent mais nous ne pouvons pas tous les citer ici tant le sujet est vaste. L’inhumation fut donc la pratique la plus ancienne et la plus commune, mais les modes variaient sensiblement en fonction de la culture des peuples.

Aujourd’hui, vers une évolution des pratiques ?

Actuellement nous ne faisons plus de pyramides, certes, mais nous avons toujours des sépultures et l’homme ne cesse de mettre de l’importance à célébrer les morts ou du moins permettre un lieu pour le repos du défunt. Alors on peut bien sûr observer des changements ou des évolutions dans les pratiques communes, sûrement dues à l’évolution des croyances (aujourd’hui de moins en moins de croyants pratiquants) et du fait que l’on soit de plus en plus nombreux à travailler à distance, et surtout avec l’avènement de l’ère du numérique.

Alors désormais on fait de plus en plus de crémation tout d’abord parce que les pratiques évoluent et nous nous sentons peut être moins obligés d’être enterrés, mais aussi pour un gain de place et d’économie. Rappelons que faire une cérémonie d’enterrement est chère et surtout les coûts pour un cercueil par exemple. Et parce que le fait d’aller au cimetière devient de moins en moins courant, on se déplace dans plusieurs lieux en une même année et nous nous trouvons souvent loin du reste de la famille. Aujourd’hui un nouveau concept se développe : celui de faire des espaces mémoriaux en ligne et de commémorer ses défunts sur les réseaux sociaux par exemple.

Le fait est que célébrer nos défunts a toujours été et sera toujours une chose très importante, qu’importe la manière, et le fait de choisir ses modes de sépulture se doit de rester libre et surtout respecté. Prévenir ses proches et informer sur ce que l’on veut faire après son décès, et comment on souhaite que notre corps soit conservé, est une démarche à ne pas négliger. Choisir ses dernières volontés et les faire respecter n’a jamais été aussi important, une démarche qui est aujourd’hui accessible grâce à Testamento avec le module “ Mes volontés “ pour répondre aux besoins de chacun et permettre une sérénité tout au long de la vie concernant ce qu’il adviendra de son corps après son décès.

Articles connexes à « Modes de sépulture à travers le temps et dans le monde » :

Orianne

Responsable partenariats et recherche à Testamento

Diplômée d’un Master en Information et Communication spécialité Communication des Organisations, Orianne a eu des expériences en presse, journalisme, et en événementiel. Elle occupe actuellement un poste à double compétence professionnelle et recherche, à travers un doctorat en alternance avec Testamento sur le thème de l'identité numérique post-mortem.