Le devenir de vos données numériques

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Que deviendra votre blog ou votre compte Facebook lors de votre décès ? Avez-vous pensé au devenir de vos données numériques ? Le XXIème siècle a vu l’émergence des réseaux sociaux. Véritables partenaires de vie, nous les consultons compulsivement une dizaine de fois par jour. En 2016, Mark Zuckerberg annonçait une utilisation moyenne de 50 minutes quotidiennes par utilisateur, pour l’ensemble des réseaux sociaux détenus par Facebook.

A l’heure de la monétisation intensive des blogs, la sphère internet a prouvé qu’elle pouvait aussi bien servir de support à notre travail comme à nos loisirs. Les internautes n’hésitent plus à exposer leur travail sur des blogs ou des réseaux sociaux professionnels. Par ailleurs, se prenant de passion pour les feedbacks clients, les internautes sont nombreux à laisser leurs avis, critiques et commentaires sous leur véritable identité.

Toutes ces données numériques laissent une trace, plus ou moins flatteuse, qui peut parfois entacher la e-réputation de l’internaute. Si plusieurs sites se sont spécialisés dans l’écrasement des données numériques personnelles, afin de pallier à ce fléau, qu’en est-il lorsqu’il n’est plus possible d’agir ? Suite à notre décès, que vont devenir nos données numériques ?

Données numériques post-mortem : la législation existante

Les blogs et réseaux sociaux ne sont pas les seules données numériques laissant une empreinte problématique sur la toile. Ainsi, les données numériques peuvent aussi bien comprendre vos données bancaires, que vos éléments d’identification (adresse IP, identifiants, mots de passe…). Que deviendront vos bitcoins ou vos noms de domaine ? Comment protéger vos données après votre décès ?

Face à cette problématique, une solution a été mise en oeuvre. Le nouvel article 40-1 de la loi Informatique et libertés met en place une législation relative à la gestion de ces données numériques. A tout moment, vous pouvez exiger la suppression, le verrouillage, ou même la rectification de vos données personnelles.

Pour pouvoir y parvenir, vous pouvez ainsi choisir d’établir un testament numérique. Deux possibilités s’offrent à vous. Ainsi, vous pouvez désigner un tiers de confiance, pour gérer vos données numériques personnelles. Il vous suffit d’enregistrer vos directives, ainsi que l’identité de votre tiers de confiance. Le processus sera certifié par la CNIL. Vous pouvez également choisir d’adresser des directives particulières aux plateformes web. Vous pourrez ainsi demander toutes informations relatives à la conservation, à l’effacement, ou à la communication de vos données. Dans tous les cas, il s’agit d’anticiper votre décès.

Données numériques des réseaux sociaux

Pour le moment, les réseaux sociaux doivent être gérés au cas par cas. Il n’existe pas encore de plateforme permettant de gérer globalement l’avenir de vos réseaux sociaux. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas d’une problématique mineure, dans la mesure où la CNIL estime qu’un profil Facebook sur 100 est le profil d’une personne décédée. Sachez néanmoins que s’agissant de données personnelles et confidentielles, il sera impossible pour vos proches d’accéder à vos réseaux sociaux lors de votre décès.

Pour démarrer, pour Facebook, vous pouvez ainsi désigner un contact légataire, via les paramètres de votre compte. Ce contact sera chargé d’administrer votre compte à votre décès, que vous souhaitiez en faire un mémorial, ou bien le supprimer purement et simplement. Il s’agit d’adresser vos directives à une personne de confiance, car elle sera seule aux commandes de votre compte, et aura accès à toutes vos données. Bien entendu, ce contact légataire pourra être actualisé au cours de votre vie. Suite à votre décès, vos proches pourront contacter directement Facebook pour créer un compte de commémoration.

Concernant votre compte Gmail, Google vous propose d’activer une option de gestion de compte inactif. Suite à un laps de temps donné, votre compte sera considéré comme étant inactif.

Votre compte LinkedIn pourra être supprimé par vos proches, en échange d’un certain nombre de documents.

Concernant Instagram, vos proches pourront transformer votre compte en compte de commémoration, ou même demander son retrait purement et simplement. Ici encore, certains documents seront demandé à vos proches, par exemple votre acte de décès. Ici encore, vos proches n’auront pas directement accès à votre compte.

Enfin, votre compte Twitter pourra être supprimé par vos proches, en contactant directement le site.

Laurie Jacques

Laurie Jacques

Juriste chez Testamento
Laurie Jacques

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